Passiflore,
je réduis mes déchets !
                                             Serre Vivante - Jura Nature Environnement

Passiflore en remet une couche ... réutilisable !

Une alternative durable et économique pour les services collectifs et les ménages

Un concept fort de la prévention de la production de déchets est la promotion du «réutilisable ».

Un objet emblématique illustrant ce précepte est la couche lavable. Après être tombée en désuétude, elle revient en force, apportant un bénéfice environnemental, sanitaire et pécuniaire, tout en étant aussi pratique que son équivalent jetable.

Son utilisation génère 60 fois moins de déchets solides que l’emploi de couches jetables et ne comporte aucun élément toxique, contrairement aux jetables. Enfin, le budget consacré aux couches lavables peut-être jusqu’à 2 fois inférieur à celui dédié aux couches jetables.

À travers l’intervention proposée le 26 mars 2009 à la salle Edgar Faure en Mairie de Dole, l’auditoire a pu juger de la pertinence des couches lavables et de la faisabilité de leur utilisation chez les ménages mais aussi dans les crèches ou haltes-garderies.

Voici les visuels (34 diapo, 708 ko) proposés par M. Vincent Gaillard, Chargé de mission « prévention » à l’ASCOMADE, intervenant lors de cette réunion. Quelques photographies de la soirée : et un reportage sur une crêche pilote à Villeuneuve d'Asq ainsi qu'une présentation de l'étude de faisabilité (362 ko)

Les couches lavables modernes

Depuis plusieurs années, les couches lavables ont beaucoup évolué. Aujourd'hui, en effet, les couches lavables modernes sont très faciles à utiliser, autant d'un point de vue pratique qu'au niveau de l'entretien.

Une couche lavable, c'est quoi ?

Une couche lavable est une couche formée comme une jetable, que l'on ferme grâce à des pressions ou des velcros. Les modèles varient pour s'adapter à chaque bébé et aux besoins de chaque famille. Ces couches sont fabriquées le plus souvent à partir de coton, de flanelle, de polyester ou encore de chanvre. Pour plus d'absorption et selon les modèles, vous pouvez ajouter une double-couche à l'intérieur - très utile pour les nuits, les siestes et les enfants qui mouillent beaucoup leurs couches. Au dessus de cette couche en tissu, vous rajouterez une culotte de protection imperméable, qui permet ainsi l'absence de fuites. Il existe aussi des couches lavables dites intégrales qui n'ont pas besoin de culotte de protection (la partie extérieure est imperméable).

Les couches lavables - Un système avantageux :

L'utilisation des couches lavables au quotidien vous offre de nombreux avantages : au niveau du confort, de l'environnement, de la santé de votre enfant mais aussi elle représente une économie d'argent.

Une couche saine pour votre enfant

Utiliser des couches lavables permet de protéger la peau de votre bébé en excluant tout contact avec les produits chimiques qu'on trouve dans les couches jetables et dont on ne connaît pas les conséquences sur la santé de nos enfants. En tant que parents nous voulons le meilleur pour notre enfant, ce qui est tout à fait normal. Jusqu'à l'âge de la propreté, votre bébé porte une couche 24h sur 24h. Cette couche devient un vêtement au même titre que son body, pyjama ou petits vêtements. Auriez-vous l'idée de l'habiller avec des vêtements en matière plastique remplis de matières chimiques ?

Un bon point pour la protection de l’environnement

Une couche lavable, bien entretenue, peut être utilisée pendant des années et ce pour deux, voire trois enfants. Une fois jetée, elle se décompose en 6 mois, sans polluer. L'utilisation des couches lavables est un pas pour un environnement plus propre. Il faut savoir qu'un enfant, jusqu'à ce qu'il soit propre, utilise en moyenne 4600 couches (5 changes par jour durant 2 ans 1/2), ce qui fait plus d'une tonne de déchets par enfant.

Quelques considérations sur l’impact qu’ont les couches jetables sur l’environnement :

  • Il faut une pleine tasse de pétrole brut pour fabriquer le plastique de chaque couche jetable.
  • Il faut 4,5 arbres pour fabriquer la pulpe utilisée dans les couches jetables consommée par un bébé de la naissance jusqu’à ses 2 ans & demi.
  • Une couche met entre 300 et 500 ans à se décomposer ! Les sites d'enfouissements sont de plus en plus saturés.
  • Les couches jetables enfouies contaminent le sol et les nappes phréatiques. Les couches jetables devraient être vidées et rincées de leurs excréments avant de les jeter, mais peu de gens le font. Des virus peuvent y survivrent jusqu'à deux semaines.
  • La fabrication de couches jetables utilise 3,5 fois plus d’énergie, 8 fois plus de matières premières non-renouvlables et 90 fois plus de matières renouvelables que les couches lavables.
  • Les couches jetables produisent 2,3 fois plus d’eaux usées (à l’étape de la production) et 60 fois plus de déchets solides que les couches lavables.

L'empreinte écologique des couches lavables

L'empreinte écologique, ou Footprinting, permet d'évaluer les incidences sur l'environnement en les mesurant en termes d'utilisation de la superficie. Cette méthode analyse tout le cycle de vie d'un produit : fabrication, utilisation et déchets. Le Footprinting a été employé pour comparer les incidences sur l'environnement des couches jetables et des couches lavables. Conclusion : Les couches jetables ont presque deux fois l'impact des couches lavables lavées à la maison et plus de deux fois et demi l'impact des couches lavées par un service de nettoyage. L'utilisation des couches jetables représente plus de la moitié d'un terrain de foot ! Malheureusement, en France, les services de ramassage et de nettoyage de couches sont beaucoup trop rares ... Les couches jetables sont faites à base de pulpe de papier, de plastique et de matières super-absorbantes chimiques. Les couches lavables sont fabriquées à partir de matières naturelles. C'est une alternative plus naturelle et saine pour les parents, la meilleure est de choisir des couches en coton bio et en chanvre.

Il y a beaucoup d’idées fausses au sujet des couches. Beaucoup de parents ne savent pas que les couches jetables ne sont pas biodégradables. Ils pensent que la seule alternative qui s'offre à eux, sont les langes à plier avec des épingles de sûreté que l'on fait bouillir et qui entraîne une importante surcharge de travail.

Un monde meilleur

La qualité de vie de nos enfants et des générations futures dépend de l'environnement que nous leur laissons en héritage. Ne vaut-il mieux pas leur laisser un monde propre qu'un gros capital ? Comment faire comprendre à nos enfants l'importance de la sauvegarde de l'environnement si nous ne sommes pas prêts nous mêmes à modifier notre mode de vie ?

Une économie d'argent non négligeable

L'utilisation des couches lavables peut vous permettre de faire une économie de plus de 800 € pour votre premier enfant et bien plus pour les suivants. Un enfant consomme en moyenne 4 600 couches jetables jusqu'à sa propreté, ce qui représente une dépense d’environ 1 400 € par enfant. Un lot de couches lavables coûte entre 90 et 500 €, selon le système et la quantité de couches que vous choisissez. Vous devez rajouter à cela l'eau consommée, l'électricité et le produit d'entretien que vous utilisez pour le lavage des couches et culottes, ce qui ne coûte pas plus de 300 €.

Une couche efficace et confortable

Les couches-culottes modernes sont très absorbantes, leur capacité d'absorption varie selon les modèles. Elles sont munies d'élastiques à la taille et aux cuisses, ce qui évite les fuites. Elles peuvent être combinées avec des doubles-couches pour renforcer l'absorption (système plus performant que les couches-culottes intégrales). Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les couches lavables sont beaucoup plus fiables que les jetables. Combien de parents ne se sont pas retrouvés à changer un bébé rempli de selles jusque dans le bas du dos, alors qu'il portait une couche jetable ? Quand le bébé porte un change lavable en deux parties (couche + culotte de protection), il y a peu de chance que cela se produise car les élastiques au niveau de la taille sont à deux niveaux différents (couche et culotte de protection) et empêchent les accidents.

Un change lavables devrait être considéré comme étant aussi fiable, si ce n'est plus, qu'une couche jetable. Elles sont très confortables, rien à voir avec les couches jetables ! Elles sont conçues dans des matières douces et agréables à porter, pareil à un vêtement. Le coton permet à la peau de respirer, votre bébé reste donc au frais et à l'aise dans sa couche. Selon des études et des témoignages de nombreux parents, l'enfant utilisant des couches en coton devient propre plus rapidement. Il prend plus vite conscience qu'il a fait ses besoins, et ainsi peut réclamer un change de lui-même.

Voir ici (4 pages, 388 ko) une plaquette réalisée par Franche-Comté Nature Environnement.

Une maternité exemplaire !

La maternité du Centre médicochirugical et obstétrical de Schiltigheim (CMCO) dans le Bas-Rhin expérimente depuis mars 2009 les couches lavables en chanvre et coton bio. A raison de 3000 accouchements par an, cette maternité pourra économiser 100 000 couches jetables par an lorsque l’expérimentation sera généralisée à la fin de l’année. Selon Christiane Metzger, cadre supérieur de santé, «le coût demeure neutre pour la maternité par rapport à l’utilisation de couches jetables. C’est surtout un choix éthique et écologique. » D’autres maternités, à Roubaix et Montpellier, ont également pris cette option.

Engagée par deux sages-femmes, l’expérimentation alsacienne s’inscrit dans une logique plus globale de réduction des déchets. Pour la location-nettoyage, la maternité a recours à un prestataire extérieur, la société Couches Eco-Service à Strasbourg, qui propose également ce service aux particuliers. Très cohérent, son responsable, Stéphane Piette, a fait appel à un centre d’aide par le travail pour la fabrication des langes et à un centre de réinsertion sociale pour leur nettoyage. Ces couches ont reçu l’aval des pédiatres et du Comité de lutte contre les infections nosocomiales.

Pour en savoir plus : Couches Eco-Service

 

____________________________________________  
© Pascal Blain 
- décembre 2009